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Comprendre

Comprendre les violences sexuelles

Une page pour clarifier l’histoire : partir de ce que recouvrent les violences sexuelles, mesurer leur réalité, puis expliquer les mécanismes traumatiques qui rendent les réactions des victimes souvent mal comprises.

Une réalité qui nous concerne tous

Les violences sexuelles touchent une part considérable de la population

Les chiffres ne disent jamais toute l’histoire, mais ils donnent une mesure de l’ampleur. Ils rappellent aussi que les violences sexuelles ne concernent pas un public “à part”.

1 femme sur 4

est victime de violences sexuelles au cours de sa vie en Europe.

1 homme sur 6

est victime de violences sexuelles.

1 enfant sur 5

est victime de violences sexuelles avant ses 18 ans.

Données enregistrées en France en 2023

  • En 2023, les services de sécurité ont enregistré près de 84 000 victimes de violences sexuelles hors cadre familial.
  • La hausse reste forte mais moins marquée qu’en 2022 : + 6 % en 2023, contre + 11 % en 2022.
  • 40 % des victimes rapportaient des faits antérieurs à l’année d’enregistrement.
  • Les femmes restent très majoritaires parmi les victimes enregistrées, en particulier pour les violences sexuelles physiques.

Source : Interstats, Info rapide n°33, ministère de l’Intérieur. Consulter la publication .

Autres repères à garder en tête

  • 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France.
  • L’âge moyen des violences sexuelles dans l’enfance est de 10 ans.
  • 44 % de ces violences sont des incestes (CIIVISE).
  • 40 % des personnes victimes développent une amnésie traumatique.
  • La durée moyenne pour libérer la parole est de 12 ans.
  • Les personnes en situation de handicap, transgenres ou LGBT+ sont sur-représentées parmi les victimes.

Mécanismes traumatiques

Sidération, dissociation, amnésie traumatique

Face à une violence sexuelle, le cerveau met en place des mécanismes de survie qui peuvent persister longtemps après les faits. Ces réactions ne sont pas un choix : ce sont des protections involontaires du psychisme.

Sidération

Pendant la violence, beaucoup de personnes se figent. Le corps ne répond plus, la pensée s’arrête, on ne peut ni crier, ni se défendre, ni fuir. Cette réaction neurologique empêche la mise en route des comportements de protection.

Dissociation

Pour survivre à l’événement, l’esprit peut se “séparer” du corps : sensation d’irréalité, d’étrangeté, impression d’être spectateur ou spectatrice de ce qui se passe. Après les faits, cette dissociation peut perdurer et devenir handicapante.

Amnésie traumatique

Près de 40 % des personnes victimes ne se souviennent pas, ou seulement en partie, des violences subies. Les souvenirs peuvent revenir des années plus tard, souvent par fragments : image, odeur, lieu, mot, son ou sensation.

Sidération

Le corps se fige face au danger

La sidération, c’est ce moment où le système nerveux se bloque face au danger. Comme face à une lumière trop brutale, le corps peut se figer : on ne crie pas, on ne fuit pas, on ne se défend pas. Ce n’est pas un choix, c’est une réaction automatique de survie.

Et si cela résonne

Tu as des doutes ou des inquiétudes ?

Si tu lis ces lignes en te demandant si quelque chose t’est arrivé sans que tu en aies de souvenir clair — sache que c’est une question légitime, que de nombreuses personnes se posent.

Il n’est pas nécessaire d’avoir un récit complet, des souvenirs parfaitement clairs ou les bons mots pour demander de l’aide. Un professionnel formé au psychotraumatisme peut t’accompagner à ton rythme.